Revue de presse

Les banques n'en font pas assez en temps de crise

5 mai 2010
Olivier Bourque, LCArgent

L’économiste Léo-Paul Lauzon persiste et signe. Dans sa dernière étude, il affirme que les banques canadiennes n’ont pas payé suffisamment d’impôts au Québec et au Canada lors des dernières années et écorche le gouvernement qui tolère l’évasion fiscale dans cette industrie.

Dans cette étude «  Les banques canadiennes  : en temps de crise  », le professeur en sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) croit que les banquiers pourraient faire leur part dans un contexte difficile de redressement des finances publiques. Mais il se désole que le gouvernement Charest demande plutôt un effort soutenu de la classe moyenne.

«  On ne taxe pas les responsables de la crise que sont les banques, mais on taxe le monde ordinaire. C’est inacceptable  », a souligné M. Lauzon persona non grata dans les milieux financiers en raison de ses prises de position.

Selon les calculs contenus dans son étude, les banques canadiennes ont payé 10,6 milliards $ en impôts entre 2007 et 2009 alors qu’elles ont dégagé des profits de 46,1 milliards $. Ce qui est bien en deçà du taux moyen statutaire imposé aux banques.

Par exemple, la Banque de Montréal affichait un taux statutaire de 33,1  % alors que son taux d’imposition était de 6,2  %, a rappelé M. Lauzon.

Le travail au noir pas pire que l’évasion

L’évasion fiscale est également dans le viseur du chercheur. Selon ses chiffres obtenus des états financiers des institutions bancaires, entre 2004 et 2009, les six plus grandes banques canadiennes ont envoyé 10 milliards $ un peu partout dans des pays où les corporations ne payent pas d’impôt. Une situation qu’il compare au travail au noir et qui le révolte.

«  Tant qu’il n’y aura pas plus d’équité au niveau fiscal canadien, je vais être d’une grande tolérance envers les gens qui font du travail au noir  », a-t-il souligné avec sa verve habituelle.

Hausse de 50  %

De son côté, Yves Michaud, fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) croit que l’évasion fiscale chez les banques est un véritable fléau. D’ailleurs, il souhaite qu’on mette en place une commission royale d’enquête.

«  Ce qui m’étonne le plus dans ce rapport de M. Lauzon, c’est l’ampleur de l’évasion fiscale. Écoutez, cela a augmenté de 50  % dans les trois dernières années  », a-t-il soutenu en entrevue avec Argent.

Les banques consultées par Argent n’ont pas voulu commenter l’étude. Toutefois, certaines d’entre elles ont affirmé qu’elles sont de bonnes citoyennes corporatives et qu’elles payent suffisamment d’impôts.

D’autres intervenants ont rappelé que le secteur bancaire canadien a été solide durant la crise et qu’aucun sous noir n’a été versé par les contribuables pour sauver l’industrie comme cela a été fait en Europe ou aux États-Unis.

Source ›››

Étude de Léo-Paul Lauzon, Les banques canadiennes : en temps de crise ›››

Un cancer, le capitalisme?

11 mai 2010
Le Devoir

Claude Béland - Président du Mouvement Desjardins (1987-2000) et président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec

Pierre Genest - Président du conseil d’administration de SSQ Groupe financier

Hélène Simard - Présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

À la une d’une récente édition du Devoir, à l’occasion du 1er mai, fête des Travailleurs, on pouvait lire : « Le capitalisme, ‹ cancer › incurable? » Pourtant, contrairement au cancer, c’est l’homme qui est à l’origine du capitalisme. Nous avons donc le pouvoir de changer les choses.

Mais avant de modifier ou de réparer des doctrines économiques, il importe de changer l’homme. Et c’est là le grand défi, puisque jamais le génie humain n’a réussi à créer, malgré des guerres, les révolutions à répétition et de multiples projets de société, les uns plus imaginatifs que les autres, une société où tous les êtres humains pourraient y vivre, comme le souhaitait Aristote, une vie pleine, c’est-à-dire une société où chacun aurait une place et un rôle à jouer, ce qui contribuerait à satisfaire l’ensemble de ses besoins fondamentaux.

Pourtant, l’être humain est fondamentalement un être social qui a besoin des autres pour assurer son développement et son avenir. D’ailleurs, lorsqu’il raisonne un projet du « vivre ensemble » avec les gens de son milieu, comme les dirigeants de 45 pays l’ont fait à la suite de la Grande Guerre meurtrière des années 1940, il n’hésite pas, dans des constitutions ou des déclarations solennelles des droits de l’homme, à affirmer l’importance de « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables » et de faire en sorte que, par l’enseignement et l’éducation, soit reconnu que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » (Déclaration universelle des droits de l’homme, article 1).

Autrement dit, comme l’écrit Jacques B. Gélinas (revue Possibles, Reconstruire l’économie sur le coopérativisme, volume 32, automne 2008), l’histoire de l’organisation des sociétés humaines est marquée soit par un courant primaire où prévalent la domination, le travail des plus faibles et le pillage des biens produits par d’autres collectivités, soit par un courant civilisateur où tend à s’affirmer un esprit de coopération et d’équité qui émane des aspirations humaines les plus profondes de liberté, d’égalité et de solidarité.

Perte de repères

C’est bien connu : depuis les années 1970, le capitalisme a repris du galon. C’est en plagiant quelques auteurs réputés que se résument les changements : « C’est l’engrenage des accélérations conjugué à l’économie sans partage de l’économie et à l’irresponsabilité des dirigeants qui explique ce basculement du monde »? (Michel Beaud, Le Basculement du monde, La Découverte, 2000) Le libéralisme a subi en 2008 ce que des observateurs qualifient « d’un infarctus libéral » (Manière de voir, Le Monde diplomatique, janvier 2009).

La population perd ses repères; elle est devenue impuissante devant la vague des changements. Elle subit des crises récurrentes (sept crises de 1973 à 2008) sur lesquelles les individus n’ont aucun contrôle. Ils n’ont qu’à en subir les effets négatifs. Les valeurs changent : c’est désormais le chacun pour soi. L’important, c’est le profit, le rendement sur le capital — plus important que la création d’emplois. Pour créer de meilleurs rendements, on n’hésite pas à abolir des postes. C’est la lutte pour la vie.

Et la population en vient à croire que tel est le monde aujourd’hui, qu’elle n’y peut rien — et subit les contrecoups du renouveau du courant primaire : la domination du capital, l’exploitation des uns par les autres, les lois du marché responsables de bien des excès (par exemple, les excès dans les rémunérations sont dus, dit-on, aux marchés!). Même les États sont soumis aux diktats des marchés! Les gens, entraînés par les grands vents du courant primaire, en viennent à croire qu’ils vivent d’abord et avant tout dans des économies et non dans des sociétés. Qu’ils sont au service de l’économie, du capital.

La collectivité

Pourtant, ce ne sont pas les structures et les lois qui font un pays, une collectivité. Ce sont les collectivités qui font ce que sont les collectivités. Ce sont les gens qui savent ce qui leur convient — et c’est pourquoi il faut des structures sur lesquelles ils ont prise. Au niveau de l’État s’impose une démocratie vraie, réelle, participative, décentralisée, de proximité. Là où les gens peuvent agir. Au niveau des entreprises, il faut, dans les sociétés par actions, une plus grande participation actionnariale. Il faut humaniser le capitalisme. Et il faut davantage d’entreprises sous contrôle démocratique (coopératives, mutuelles, entreprises de l’économie sociale) afin de redonner aux individus, devenus de simples consommateurs ou bénéficiaires de l’État, leur statut de citoyen et même en faire des entrepreneurs collectifs.

Ce qui corrompt le capitalisme, c’est le courant individualiste. Un « cancer » que porte la cupidité humaine et le peu de souci du mieux-être des autres. C’est pourquoi il ne faut pas enseigner les vertus du courant primaire — même pas dans nos universités. Il faut une véritable et permanente éducation citoyenne. L’éducation à la maîtrise d’un mieux vivre ensemble où le capital est au service des personnes et non l’inverse!

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Les banques n’en font pas assez en temps de crise

6 mai 2010
Olivier Bourque, LCArgent

L’économiste Léo-Paul Lauzon persiste et signe. Dans sa dernière étude, il affirme que les banques canadiennes n’ont pas payé suffisamment d’impôts au Québec et au Canada lors des dernières années et écorche le gouvernement qui tolère l’évasion fiscale dans cette industrie.

Dans cette étude « Les banques canadiennes : en temps de crise », le professeur en sciences comptables de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) croit que les banquiers pourraient faire leur part dans un contexte difficile de redressement des finances publiques. Mais il se désole que le gouvernement Charest demande plutôt un effort soutenu de la classe moyenne.

« On ne taxe pas les responsables de la crise que sont les banques, mais on taxe le monde ordinaire. C’est inacceptable », a souligné M. Lauzon persona non grata dans les milieux financiers en raison de ses prises de position.

Selon les calculs contenus dans son étude, les banques canadiennes ont payé 10,6 milliards $ en impôts entre 2007 et 2009 alors qu’elles ont dégagé des profits de 46,1 milliards $. Ce qui est bien en deçà du taux moyen statutaire imposé aux banques.

Par exemple, la Banque de Montréal affichait un taux statutaire de 33,1 % alors que son taux d’imposition était de 6,2 %, a rappelé M. Lauzon.

Le travail au noir pas pire que l’évasion

L’évasion fiscale est également dans le viseur du chercheur. Selon ses chiffres obtenus des états financiers des institutions bancaires, entre 2004 et 2009, les six plus grandes banques canadiennes ont envoyé 10 milliards $ un peu partout dans des pays où les corporations ne payent pas d’impôt. Une situation qu’il compare au travail au noir et qui le révolte.

« Tant qu’il n’y aura pas plus d’équité au niveau fiscal canadien, je vais être d’une grande tolérance envers les gens qui font du travail au noir », a-t-il souligné avec sa verve habituelle.

Hausse de 50 %

De son côté, Yves Michaud, fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) croit que l’évasion fiscale chez les banques est un véritable fléau. D’ailleurs, il souhaite qu’on mette en place une commission royale d’enquête.

« Ce qui m’étonne le plus dans ce rapport de M. Lauzon, c’est l’ampleur de l’évasion fiscale. Écoutez, cela a augmenté de 50 % dans les trois dernières années », a-t-il soutenu en entrevue avec Argent.

Les banques consultées par Argent n’ont pas voulu commenter l’étude. Toutefois, certaines d’entre elles ont affirmé qu’elles sont de bonnes citoyennes corporatives et qu’elles payent suffisamment d’impôts.

D’autres intervenants ont rappelé que le secteur bancaire canadien a été solide durant la crise et qu’aucun sou noir n’a été versé par les contribuables pour sauver l’industrie comme cela a été fait en Europe ou aux États-Unis.

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Grosse paie, petite performance

6 mai 2010
Hélène Baril, La Presse

Parce que la performance de BCE laisse à désirer, ses dirigeants ne méritent pas la paie qui leur a été versée en 2009, estime le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), qui recommande de voter contre la politique de rémunération de l’entreprise lors de l’assemblée annuelle d’aujourd’hui.

Le grand patron de BCE, George Cope, a reçu l’an dernier une rémunération totale de 4,6 millions de dollars, dont près de la moitié sous forme de prime annuelle. C’est trop, selon le MÉDAC, étant donné la performance de l’entreprise.

En 2009, les produits d’exploitation de l’entreprise de télécommunications sont au même niveau qu’en 2007, et son bénéfice net est très largement inférieur à ce qu’il était il y a deux ans, souligne l’organisme.

En outre, deux des trois principaux objectifs fixés par la direction ont été atteints de peine et de misère. Le bénéfice avant impôt, intérêt et amortissement (BAIIA) a été de 5,994 millions, alors que la cible était de 5,976 millions. Les produits d’exploitation, à 15,020 millions, ne sont que très légèrement supérieurs à l’objectif de 15,015 millions.

Avec de tels résultats, la somme des primes versées à George Cope est «  surprenante et injustifiée  », estime le MÉDAC.

«  Ça mérite un coup de semonce de la part des actionnaires, afin que la direction puisse rectifie le tir  », a commenté le porte-parole du MÉDAC, Normand Caron.

En 2009, BCE n’a pas réussi non plus à stopper la perte d’abonnés de son service résidentiel, qui dégage des marges élevées, et ses parts du marché des moyennes et grandes entreprises ont été à peine maintenues au niveau de l’exercice précédent.

«  Qu’est-ce que le conseil d’administration a donc voulu récompenser?  » demande le MÉDAC, qui croit qu’un travail acceptable devrait être rétribué par le salaire de base, et que les primes devraient être réservées aux performances exceptionnelles.

Le salaire de base du président et chef de la direction de BCE a été de 1,25 million en 2009, mais, avec les primes et les autres bonus, sa rémunération totale a atteint 4,65 millions.

C’est la première année que les actionnaires peuvent se prononcer sur la rémunération des dirigeants des grandes entreprises au cours d’un vote tenu durant l’assemblée annuelle. Il s’agit d’un vote consultatif, mais qui peut néanmoins influencer les politiques de l’entreprise.

Le MÉDAC a recommandé aux actionnaires de voter contre la politique de rémunération de toutes les grandes entreprises canadiennes, à l’exception de deux. Il s’agit de l’Industrielle Alliance et de la Banque Laurentienne qui, selon l’organisme qui défend les droits des actionnaires, ont des politiques de rémunération bien alignées sur leur performance.

«  Quand il y a de la performance et pas d’exagération, on a un préjugé favorable  », a fait savoir Normand Caron.

Parmi les entreprises qui ont déjà tenu leur assemblée annuelle et soumis leur politique de rémunération à ce vote consultatif, c’est à la Banque de Montréal et à la Banque Royale que l’opposition aux salaires des hauts dirigeants a été la plus forte.

Près de 11  % des actionnaires de la Banque de Montréal et 8,8  % de ceux de la Banque Royale ont voté contre les politiques de rémunération des deux institutions financières.

Ce n’est pas suffisant pour forcer les entreprises à faire marche arrière, mais ça les oblige à tenir compte de l’opinion des actionnaires ordinaires, croit le MÉDAC.

«  En fouettant, on se rend compte qu’il y a un impact à moyen et à long terme sur la gouvernance des entreprises  », dit Normand Caron.

[…]

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La coopération en action

3 mai 2010
RDI Économie, Radio-Canada

MM. Daniel Audet* et Gérald Larose discutent de la biographie de M. Claude Béland.

* Daniel Audet est premier vice-président du Conseil du patronat, a été associé-directeur du bureau montréalais du cabinet de relations publiques National, chef de cabinet de Bernard Landry, conseiller d'André Boisclair, vice-président affaires corporatives de Videotron, avocat au cabinet Lapointe Rosenstein, journaliste au magazine Affaires Plus, au journal Les Affaires, à la revue Commerce et délégué général du Québec à Londres.

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Réintroduire les cours d’éducation financière au secondaire

23 avril 2010
Vision de la semaine, RDI Économie, Radio-Canada

Tous les lundis, le Module économie de Radio-Canada vous présente une rubrique appelée Vision.

Cette rubrique présentée sur le web, également diffusée dans le cadre des émissions RDI économie et Classe économique, met en valeur la vision d’un acteur de l’actualité, un plaidoyer, un appel en faveur d’un enjeu.

Cette semaine, Louise Champoux-Paillé, secrétaire au MÉDAC (Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires) demande le retour des cours d’éducation financière au secondaire.

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