Revue de presse

Le Robin des banques américain…

Obama entre en croisade contre les banques

6 Septembre 2011
Régis Soubrouillard, Marianne

Coup de tonnerre dans le monde de la finance. Vendredi, l’agence fédérale de financement du logement (FHFA) a déposé vendredi à New York une plainte pour fraude à l’encontre des banques qu’elle considère comme responsables de la crise des subprimes. Au total, 17 banques, dont la Société générale devront passer à la caisse. Un revirement étonnant compte tenu de la mollesse affichée jusqu’ici par Washington dans cette affaire.

Les bourses internationales ne s’en sont pas encore remises. Pas tout à fait K.O. N’empêche que ce coup au foie leur fait du mal. Vendredi, l’Agence fédérale de financement du logement (FHFA) chargée de gérer les actifs hypothécares des géants Fannie Mae et Freddie Mac (5200 milliards du marché américain des hypothèques) déposait une plainte à New York pour fraude à l’encontre des banques qu’elle considère comme responsables de la crise des subprimes. Dix-sept établissements financiers devront passer à la caisse. Parmi elles, la Société Générale.

La FHFA estime que les dix-sept banques ont dissimulé certaines caractéristiques des titres qu’elles ont vendus, mentant sur les vérifications de la solvabilité des ménages emprunteurs. Au total, 200 milliards de titres auraient été vendus. « Les plaintes font état d’infractions à la loi fédérale régissant les actifs financiers et au droit (common law) dans la vente de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels conçus par ces établissements », précise la FHFA.

Washington cherche à récupérer une partie des pertes encourues par les agences gouvernementales de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac. Un revirement qui surprend compte tenu de la prudence et des louvoiements de l’administration Obama.

« Obama n’a pas de doctrine. Sa stratégie tient en un mot ou presque : la recherche du compromis, trouver une voie médiane qui ne lui coûte pas trop cher médiatiquement ».

Le verdict est sans appel. Signé Bob Woodward, célèbre journaliste du Washington Post à l’origine de la révélation du scandale du Watergate.

Obama cède face aux lobbys financiers

Au lendemain de sa victoire, sous l’impulsion, de son chef de cabinet, Rahm Emmanuel avait bien laissé entendre qu’il s’attaquerait à un certain nombre de lobbies.

Dans son livre à paraître le 8 septembre Mourir pour le yuan (éditions Bourrin), le journaliste Jean-Michel Quatrepoint démontre comment au fil du temps et de la crise, dans la lignée de Bush et Clinton, Obama aura laissé prospérer les cinq grands lobbies américains : militaro-indutriel, automobile et pétrolier, la chambre de commerce et les grandes entreprises, le lobby médical et last but not least le lobby financier.

C’est pendant l’interrègne, les deux mois qui séparent l’élection de la prise de pouvoir, que le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, le responsable de son équipe économique, Lawrence Summers et Rahm Emmanuel préconisent « un traitement en douceur de Wall Street ».

Au cœur de la crise, leur raisonnement est assez simple. Plutôt que d’affronter les milieux financiers frontalement : « si le président veut faire passer sa réforme de la santé, à laquelle il tient tant; s’il veut sauver l’industrie automobile, pilier de l’activité économique de l’Illinois et de Chicago, s’il veut éviter un effondrement du système financier mondial, il faut aider Wall Street en injectant de l’argent dans les banques, en laissant la Réserve fédérale inonder le marché de dollars ». Dit autrement, Wall Street peut dormir tranquille, Obama a rendu les armes devant le lobby financier avant même que d’avoir combattu. C’est le Plan Geithner qui prévoit de nationaliser les dettes privées et privatiser les profits incarne cette capitulation face au système financier. L’économiste Paul Krugman le qualifiera de « désespérant ».

Obama, l’histoire d’une soumission? Un mal pour un bien? C’est ce que croyait le président américain qui entendait calmer les marchés pour obtenir quelques marges de manœuvre pour ce qui devait être sa grande réforme, celle de la santé. Contre-productif : « les risettes au lobby financier n’ont servi à rien. Bien au contraire » écrit Jean-Michel Quatrepoint, « ayant montré sa faiblesse — pour ne pas dire sa complaisance — à son égard, il a stimulé ses adversaires, à commencer par le lobby médical ».

L’idée d’une couverture médicale universelle est rapidement abandonnée. Obama négocie alors avec les assureurs privés la gestion de la couverture santé : « plus le président cherche le compromis, plus le lobby médical et des assurances se déchaîne contre lui ». Compromis un jour, compromis toujours.

Le Tea-Party, qui s’inscrit dans une longue tradition américaine du rejet de l’État et de chasse à l’impôt, fait sa percée sur la scène politique. Conscient d’être pris en tenaille, Obama tente de retourner la situation à son profit. Ses conseillers mollassons sont marginalisés. Avec Paul Volcker, qui milite pour interdire aux banques de détail de faire de la banque d’investissement, et une taxe sur grandes banques pendant une dizaine d’années, Wall Street redoute une ligne beaucoup plus dure. L’addition se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars pour chaque établissement bancaire. Impossible.

Est-ce que les lobbies financiers entrent en action? C’est ce que suppose Jean-Michel Quatrepoint qui rappelle qu’au lendemain de cette annonce, la Cour Suprême des États-Unis votera par cinq voix contre quatre le droit pour les entreprises de financer directement des publicités pour les élections. Sans limitation de montant. Aux États-Unis, où souvent, « l’argent fait le président », Obama sent le danger et dénonce publiquement l’arrêt de la Cour. La guerre est déclarée.

Le parti républicain récolte à tout va et remporte les élections de mid-terms, la réforme du système de santé est édulcorée. Obama retrouve son penchant naturel pour le compromis. Tim Geithner et consorts reviennent à la manœuvre. Le lobby bancaire parvient même à placer deux de ses hommes au cœur de la Maison-Blanche. Il sortira encore affaibli du compromis sur la dette trouvé début août avec les républicains.

À moins d’un an de la présidentielle, l’Obama volontariste que son slogan de campagne laissait entrevoir a-t-il enfin compris qu’il était temps de s’attaquer frontalement au lobby bancaire? Ce serait une façon de se donner plus de chances de séduire les électeurs à un an de l’élection présidentielle, dans un pays où les banques sont considérées comme des parasites. En revanche, une ultime volte-face en ferait définitivement le président du compromis permanent.

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L’autorisation d’exercer un recours collectif contre la Société financière Manuvie est accordée

Québec, 13 juillet 2011 — Une requête, déposée par le cabinet d’avocats Siskinds Desmeules en vue d’obtenir l’autorisation d’exercer un recours collectif contre la Société Financière Manuvie (Manuvie) et certains de ses dirigeants et administrateurs, a été autorisée par l’honorable juge Alicia Soldevila de la Cour supérieure du district de Québec.

Cette décision, rendue en date du 8 juillet 2011, constitue l’une des premières décisions relativement au contrôle des obligations en droit d’un émetteur assujetti aux termes de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec et en vertu du Code civil du Québec.

Le Mouvement d’Éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) et la personne désignée, monsieur Marc Lamoureux, ont donc obtenu l’autorisation d’exercer un recours collectif contre la Société Financière Manuvie pour le compte des résidants du Québec à l’exception des personnes qui, en vertu du Code de procédure civile, ne peuvent être membre d’un groupe au Québec qui, dans la période comprise entre le 26 janvier 2004 et le 12 février 2009, ont acheté ou autrement acquis des actions, titres ou autres valeurs mobilières de l’intimée Société Financière Manuvie, directement ou indirectement, ou par l’entremise de fonds communs de placement ou autres et qui les détenaient toujours le 12 février 2009.

Le recours de la requérante MÉDAC est dirigé contre la Société Financière Manuvie à qui elle reproche notamment un manquement aux obligations contenues à la Loi sur les valeurs mobilières et la possibilité que la Société Financière Manuvie ait autorisé ou émis des documents publics ou tenu publiquement des propos contenant des informations inexactes, incomplètes, fausses ou trompeuses en ce qui a trait aux produits garantis de Manuvie. Le débat portera aussi à savoir si une faute a été commise par la Société Financière Manuvie qui aurait eu pour effet d’influencer ou manipuler les investisseurs et d’influencer la valeur ou le cours des actions, titres ou autres valeurs mobilières de Manuvie, ce qui fait l’objet d’ailleurs des questions de faits et de droit à être traitées collectivement reconnues par la Cour.

Il est important de souligner que la preuve de ces reproches à Manuvie n’a pas été effectuée devant le tribunal puisqu’il s’agissait alors d’obtenir l’émission d’un jugement visant à autoriser l’exercice du recours collectif. Le débat, s’il n’y avait pas d’entente à l’amiable, pourrait s’étendre sur une longue période de temps vu les importantes questions en jeu. L’un des objectifs du MÉDAC est de promouvoir une plus grande transparence dans la gestion des sociétés par actions et une meilleure diffusion d’information à l’intention des épargnants et des actionnaires.

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Source : 514-286-1155
1-866-332-7347

Le jugement est disponible dans le site web du cabinet Siskinds Desmeules, à l’adresse Internet :

http://www.classaction.ca/CMSFiles/PDF/Securities/Manulife/Jugement rectifié.pdf

La page web consacrée au recours en question se trouve à l’adresse Internet :

http://www.classaction.ca/actions/Securities/Current-Actions/Manulife-Financial-Corporation-fr.aspx

Siskinds Desmeules (Recours collectifs) :

http://www.classaction.ca/index-fr.aspx

Le communiqué dans CNW :

http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/July2011/13/c5239.html

Revue de presse :

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/07/20110713-163233.html
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/services-financiers/201107/13/01-4417632-feu-vert-a-un-recours-collectif-contre-manuvie.php
http://www.journalmetro.com/linfo/article/916555--recours-contre-manuvie-le-medac-a-le-feu-vert
http://www.985fm.ca/economie/nouvelles/le-m-dac-obtient-l-autorisation-d-exercer-un-recou-86537.html

http://www.finance-investissement.com/nouvelles/assurances/placements-garantis-recours-collectif-autorise-contre-manuvie/a/36313

http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/services-financiers/placements-garantis--recours-collectif-autorise-contre-manuvie-/532877

http://tvanouvelles.ca/lcn/economie/archives/2012/02/20120203-194311.html

AbitibiBowater et la transparence

9 juin 2011
Michel Van de Walle, Rue Frontenac

Il est exceptionnel, pour ne pas dire rarissime, qu’une entreprise décide d’exclure les médias de son assemblée d’actionnaires. En fait, en 25 ans de couverture des affaires et de l’économie, je ne me rappelle pas d’un seul cas au Québec. Mais ma mémoire peut faire défaut.

La papetière AbitibiBowater vient de le faire ce jeudi, prétextant qu’il s’agit d’une « réunion privée ». En fouillant un peu dans la loi sur les valeurs mobilières et celles sur les compagnies, on ne repère aucune disposition obligeant la direction d’une compagnie de donner accès aux médias lors de son assemblée. Selon le porte-parole de l’Autorité des marchés financiers, Sylvain Théberge, c’est la prérogative du président d’admettre qui il veut à cette occasion. En fait, les seuls qui auraient le droit, ce sont bien sûr les actionnaires, les administrateurs et les vérificateurs.

Les entreprises donnent toujours accès aux médias à leurs assemblées. Elles y voient généralement leur intérêt immédiat : c’est de la publicité gratuite.

Il est fréquemment arrivé que l’on savait à l’avance qu’une assemblée d’actionnaires allait être houleuse. Des actionnaires peuvent être mécontents des résultats financiers, en désaccord avec des décisions de la direction ou encore, un groupe militant pour une cause quelconque peut avoir décidé d’intervenir. Et il y a les organismes de défense des droits des actionnaires, comme le MÉDAC ici, qui présentent régulièrement des propositions qui ne plaisent pas à la direction et alimentent des débats parfois costauds. Cultiver le secret

On a souvent assisté à des assemblées mouvementées de banques au cours desquelles on décriait par exemple la rémunération astronomique des patrons. Ou de certaines compagnies qui, faisant affaire dans des pays où le respect des droits démocratiques est le dernier des soucis, devaient affronter des reproches. Bombardier, notamment, a dû se défendre à plusieurs reprises d’avoir accepté un contrat du gouvernement chinois pour une liaison ferroviaire au Tibet, ce qui avait provoqué de vigoureuses discussions lors d’assemblées annuelles.

Mais2011-06-09, n’a-t-on empêché les journalistes d’assister à des assemblées, avec ou sans affrontements. Car, en matière de relations publiques et d’image de marque, tout le monde convient que la transparence est la meilleure attitude à adopter.

La décision d’AbitibiBowater va totalement à l’encontre des pratiques usuelles. En empêchant les journalistes d’assister à l’assemblée, elle donne l’impression de vouloir cultiver le secret.

C’est d’autant mal venu de sa part que cette entreprise, aussi privée soit-elle, a largement obtenu de la part de l’État un soutien financier et légal. Encore cette semaine, l’Assemblée nationale du Québec a adopté un projet de loi permettant à l’entreprise d’étaler sur 15 ans, plutôt que cinq, le remboursement du déficit de sa caisse de retraite. La compagnie a obtenu cette dérogation parce qu’elle était sur le point de faire faillite et qu’il fallait alléger ce fardeau financier. Cet accommodement a d’ailleurs provoqué des remous, notamment chez les retraités et au Parti québécois qui reprochaient à la direction d’empocher des bonis de 6 M $ et des options sur actions de 200 M $ alors que la caisse de retraite affiche un déficit de 1,3 G $.

De plus, pour la sauver de la faillite, le gouvernement du Québec a consenti à l’entreprise une garantie de prêt de 100 M $ US il y a 2 ans. Difficile d’être plus d’intérêt public que cela. Obligation morale

AbitibiBowater n’a pas que des actionnaires. Elle a aussi encore des milliers d’employés et des usines un peu partout, notamment au Québec. Ses activités ont une incidence substantielle dans plusieurs régions. Cette société a un nombre important de fournisseurs et de clients qui ne sont pas nécessairement des actionnaires et qui peuvent légitimement être intéressés par ce qui se passe chez elle.

On pourrait allonger la liste des motifs qui justifient que la direction d’AbitibiBowater donne accès aux médias à ses assemblées d’actionnaires. Ce n’est peut-être pas une obligation juridique (ça devrait l’être, soit dit en passant), mais c’est certainement une obligation morale. Surtout quand on a eu l’aide de tous les contribuables pour se sortir du trou.

Cette décision de la direction d’AbitbiBowater survient de plus au moment où l’on exige des entreprises qu’elles adoptent les meilleures pratiques en matière de bonne gouvernance. L’époque est à la transparence, pas au secret.

AbitibiBowater n’a manifestement pas compris cela.

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AbitibiBowater a-t-elle quelque chose à cacher?

9 juin 2011
Carl Renaud, Argent

Les médias n’étaient pas les bienvenus à l’assemblée annuelle des actionnaires de la papetière AbitibiBowater (ABH), jeudi à Montréal. La société canado-américaine a refusé que les membres de la presse assistent à la rencontre.

Le porte-parole d’AbitibiBowater a indiqué à Argent que l’entreprise n’est pas la première à agir de la sorte même si les sociétés publiques accueillent normalement les médias lors de leur assemblée des actionnaires.

« Nous avons fait nos vérifications et il ne s’agit pas d’un précédent. Sur le plan légal, notre assemblée annuelle est une rencontre privée avec les actionnaires. Les participants doivent être actionnaires pour assister à l’assemblée », a expliqué Pierre Choquette, d’AbitibiBowater.

L’attitude d’AbitibiBowater a surpris le président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), Claude Béland. L’ancien grand patron de Desjardins ne se souvient pas qu’une société publique du Québec ait déjà posé un geste semblable.

« La transparence est l’un des principes les plus importants en matière de saine gouvernance. C’est la première fois que j’entends une histoire comme ça. AbitibiBowater (maintenant une compagnie américaine) doit se plier aux règles du Québec », a exprimé Claude Béland, soulignant que les médias ne peuvent pas s’appuyer uniquement sur les communiqués de presse des entreprises.

Vérification faite. Ce genre de manœuvres survient occasionnellement aux États-Unis même si les membres de la presse sont presque toujours admis lors des assemblées annuelles d’actionnaires.

Au cours des dernières années, le détaillant Target et le moteur de recherche Yahoo ont refusé que les journalistes assistent à leur assemblée annuelle ou qu’ils puissent questionner les membres de leur direction. Ces événements sont survenus en 2006 et 2001.

La direction d’AbitibiBowater se défend de vouloir cacher de l’information aux médias en les éloignant de son assemblée annuelle.

« Aujourd’hui, il n’y a pas d’activité de prévue avec les médias. Ça ne veut pas dire qu’on renonce à parler aux membres de la presse. Nous l’avons fait il y a environ un mois et nous organiserons d’autres activités médiatiques dans le futur pour continuer à vous informer », a affirmé Pierre Choquette, porte-parole de l’entreprise

L’Autorité des Marchés financiers (AMF) s’est portée à la défense de la papetière. AbitibiBowater n’a enfreint aucune règle, en éloignant les médias, selon Sylvain Théberge, porte-parole de l’AMF

« Théoriquement, seuls les actionnaires et les vérificateurs peuvent assister à l’assemblée des actionnaires. C’est une question qui relève du président de l’assemblée », a précisé Sylvain Théberge.

Un avenir incertain

AbitibiBowater a complété sa restructuration financière en décembre 2010. La compagnie a enregistré une perte d’exploitation de 152 M $ l’an dernier alors que ses revenus ont atteint 4,75 G $.

Malgré ces résultats, l’ancien PDG de la papetière, David J. Paterson, a plus que doublé sa rémunération au cours de l’exercice 2010, à 2,38 M $.

L’avenir demeure incertain même si la société a déclaré des profits de 30 M $ au premier trimestre 2011.

« Les conditions de marché demeurent extrêmement difficiles. La demande de papier continue à chuter en Amérique du Nord malgré des ouvertures à l’étranger, au Brésil, en Asie et en Inde. On attend également la reprise des mises en chantier aux États-Unis pour accroître nos ventes de bois », a expliqué Pierre Choquette.

Pendant sa restructuration AbitibiBowater a fermé plusieurs usines et aboli 4000 emplois, principalement au Québec. La dette de la compagnie a été réduite de 88 %, passant de 6,8 G $ à 850 M $.

L’Assemblée nationale a d’ailleurs approuvé, mercredi, un projet de loi permettant à AbitibiBowater de prolonger de cinq à 15 ans le délai de renflouement de la caisse de retraite déficitaire de ses employés.

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L’AMF torpille le MÉDAC

30 mai 2011
Michel Girard, La Presse

(Montréal) Cela fait une quinzaine d’années que le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) défend farouchement les intérêts des petits investisseurs. S’il y a un organisme qui joue un rôle majeur dans l’éducation des investisseurs et la promotion d’une saine gouvernance au sein des entreprises, c’est bien le MÉDAC.

Malgré ses faibles moyens financiers, le MÉDAC a mené des luttes de Titan contre l’exploitation des épargnants dans le monde de la finance. Que les bonzes des entreprises inscrites en Bourse voient d’un mauvais oeil le travail du MÉDAC, cela est de bonne guerre. Mais que l’Autorité des marchés financiers (AMF) décide de couper dramatiquement les vivres au MEDAC, là, c’est de très mauvais augure pour la protection des petits investisseurs.

À peine vient-il de remplacer Jean St-Gelais à la tête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) que déjà le nouveau président, Mario Albert, se retrouve aux prises avec, selon moi, une très mauvaise décision financière qui risque de tuer le MÉDAC.

Mis sur pied en 1995 par le Robin des banques, Yves Michaud, et aujourd’hui sous la férule de l’ancien président de Desjardins, le réputé Claude Béland, le MÉDAC est victime d’une coupe de 105 000 $ sur les 125 000 $ que l’AMF lui avait versés l’année précédente. Le MÉDAC voit ainsi son budget annuel amputé de 50 %, et son programme éducatif de 80 %.

Le gros de la subvention annuelle de l’AMF, soit 100 000 $ sur 125 000 $, servait à financer le programme de formation Passeport MÉDAC. Il s’agit d’un cours créé et donné en partenariat avec l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal.

Lancé en 2007, Passeport MÉDAC a pour objectif d’initier les petits investisseurs au fonctionnement des marchés financiers. Un programme de formation grandement apprécié des investisseurs.

Par courriel, j’ai demandé au grand patron de l’AMF, Mario Albert, s’il avait des reproches à faire aux actions menées depuis 15 ans par le MÉDAC. Si oui, lesquels?

Voici la réponse qu’il m’a fait suivre par l’entremise de son porte-parole, Sylvain Théberge.

« L’Autorité des marchés financiers n’a aucun reproche à formuler à l’endroit des actions menées par le MÉDAC depuis 15 ans et a d’ailleurs toujours soutenu le MÉDAC dans la réalisation de sa mission.

« En ce qui a trait au projet Passeport MÉDAC, cela fait depuis 2008 que l’Autorité incite le MÉDAC à renouveler sa formule, à augmenter graduellement son autofinancement et à trouver d’autres partenaires. Devant l’absence de renouvellement de ce projet, le comité d’évaluation du Fonds pour l’éducation et de la saine gouvernance a décidé de ne pas le retenir cette année.

« L’Autorité a d’autre part avisé le MÉDAC que tout projet innovateur qu’il pourrait présenter et qui renouvellerait la formule actuelle du Passeport MÉDAC serait analysé à sa juste valeur par le Fonds. »

Il est par ailleurs fort étonnant de constater que les raisons évoquées par M. Albert pour rejeter la demande de subvention de Passeport MÉDAC viennent contredire l’hommage que l’AMF avait récemment rendu à ce même projet de formation.

Lors de la « Journée éducation » du 5 avril dernier, organisée par l’AMF, affirme Normand Caron du MÉDAC, la principale gestionnaire du Fonds pour l’éducation et la saine gouvernance de l’AMF, Julie Lemieux, a fait une élogieuse présentation où elle a mis en valeur les réalisations, et surtout les impacts extrêmement positifs du programme Passeport MÉDAC sur les petits investisseurs formés. La base de ces données a été puisée dans les résultats d’un sondage Léger Marketing réalisé en juillet 2009 par le MÉDAC auprès des 500 premiers participants à la formation.

Lors de cette « Journée d’éducation », M. Caron était accompagné de Fernand Daoust (vice-président du MÉDAC) et de Louise Champoux-Paillé (secrétaire). « Il y avait environ 75 personnes présentes, dit-il, dont le PDG de l’AMF (Mario Albert) et le ministre délégué aux Finances et responsable de l’AMF, Alain Paquet. »

Quelle contradiction. D’une part, l’AMF reconnaît l’impact majeur du Passeport MÉDAC à titre d’éducation financière, et d’autre part, elle refuse de continuer à le financer sous prétexte d’un manque de renouvellement.

À la place de M. Albert et du ministre Paquet (qui appuie cette coupe de 100 000 $), je me garderais une petite gêne avant de décrier le Passeport MÉDAC!

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Éduquer les Québécois en finances prendra une génération

18 mai 2011
Michel Munger, Argent

Les Québécois demeurent ignorants en matière de finances et leur éducation prendra une génération. C’est le message du nouveau patron de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Mario Albert. Mario Albert

Le haut dirigeant a fait, mercredi, sa première sortie publique depuis qu’il a pris le relais de Jean St-Gelais à titre de PDG de l’organisme de réglementation.

Devant le Cercle de la finance internationale de Montréal, Mario Albert citait les données d’un récent sondage SOM. L’enquête indique que 80 % des Québécois ne détectent pas les risques lorsqu’ils font un placement. De plus, un rendement de 2 % par mois leur semble réaliste, même si cela signifie des gains 24 % sur un an.

« Nous ne pouvons pas changer le comportement et la connaissance d’une population en un an ou deux, estime M. Albert. Il faut penser à une génération complète. L’erreur à ne pas faire est de baisser les bras. Retroussons nos manches, année après année, pour lancer des initiatives d’éducation à grande échelle. Nous l’avons fait [en diffusant du contenu] dans les journaux Gesca et à la chaîne Argent. À long terme, nous obtiendrons des résultats. »

S’il veut mettre l’accent sur l’éducation financière, M. Albert défend la décision de l’Autorité d’amputer de 100 000 $ le financement du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC).

« Le Fonds d’éducation pour la saine gouvernance a un comité qui passe les projets en revue, réagit-il. La décision de ne pas reconduire le financement du MÉDAC a été prise par ce comité. Le MÉDAC avait déjà été informé des réticences du comité de sélection sur son projet. S’il peut le modifier, il nous fera plaisir de l’examiner de nouveau. »

Par ailleurs, Mario Albert a joué de prudence en commentant la situation du Groupe TMX. Il a refusé de dire s’il privilégiait l’offre de la Bourse de Londres ou celle de Maple. De plus, il est resté sur ses gardes sur son droit de veto, qui sert à protéger les produits dérivés de la Bourse de Montréal.

« Nous aurons un mot à dire une fois que les actionnaires de TMX détermineront quelle proposition ils souhaitent accepter, indique le PDG. Nous n’avons pas à nous prononcer entre l’offre de Londres et celle des banques canadiennes. »

Mario Albert refuse aussi de se jeter à l’eau sur une éventuelle réforme du Fonds d’indemnisation des services financiers. Ce fonds n’avait pu couvrir les victimes du scandale Norbourg. Un groupe de travail a déjà proposé de mettre sur pied une assurance payée par tous les investisseurs.

« Je ne dis ni oui ni non à cette idée, répond-il. Nous tiendrons des consultations et examinerons les différentes options proposées. Il est prématuré de tirer des conclusions sur une formule. »

Des salaires trop bas?

Celui qui s’est joint à l’AMF en 2007 avoue qu’il a des trous à combler au sein de l’organisme. L’équipe juridique doit embaucher une dizaine de personnes afin mener tous ses dossiers d’enquête en cours.

De plus, l’AMF aimerait mettre la main sur des spécialistes des dérivés, ainsi que des actuaires. Toutefois, la tâche s’avère ardue.

« Les salaires payés dans l’industrie sont très élevés, explique M. Albert. Il est difficile d’être concurrentiel car le salaire maximal chez nous est d’environ 120 000 $. Mais il y a d’autres choses que nous pouvons faire, comme recruter des actuaires dès leur première année de travail. »

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