salaire minimum

  • Sort des travailleurs et travailleuses à bas salaires

    L’État doit lui aussi intervenir, avec des lois contraignantes

    Montréal, le 25 avril 2018 — Sur le plancher des assemblées des actionnaires et dans les coulisses du pouvoir, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) fait pression depuis des années pour que les entreprises comprennent les bénéfices de mieux rémunérer le travail.

  • Couche-Tard — Alain Bouchard à RDI Économie

    Source vidéo ›››

    « Avec le recul, je pense qu’on a eu besoin des syndicats, que c’était nécessaire pour faire avancer le Québec, pour agir comme contre-pouvoir. »

    Alain Bouchard

    Gérald Fillion — C’est à peu près 35 % des Québécois qui sont membres d’un syndicat. En Norvège, vous avez acheté les activités de détail de Statoil, on est plus à 2 travailleurs sur 3. On est plus entre 60 et 70 %. Vous avez bien composé avec ces syndicats. Vous avez dû vous ajuster, vous avez dit, mais vous aimez leur système.

    Alain Bouchard — Bien la Norvège, c’est un pays isolé, fermé, avec des barrières très étanches. Alors, si vous regardez les prix que l’on pratique, en Norvège, vous allez payer un hot-dog 6 dollars. Le même hot-dog que l’on vend [ici] 1,49 $… 1,99 $.

    — Donc les marges sont plus élevées?

    — Les prix sont beaucoup plus élevés.

    — Vos marges dans les dépan… dans les…

    — Oui. Les marges sont plus élevées, parce qu’il faut payer des salaires beaucoup plus élevés. 25 $ de l’heure en Norvège, un employé, dans un magasin.

    Gérald Fillion — Donc, de ce que vous avez vu, est-ce que vous pensez qu’on devrait s’inspirer de ça au Québec, notamment dans le rapport entre les syndicats et le patronat.

    Alain Bouchard — Si le modèle pouvait fonctionner, peut-être. Mais ça prendrait un accord global, nord-américain, comme le libre-échange. Parce que c’est impossible, nous, comme îlot, au Québec, faire ça. Parce que là, les gens traversent les ponts pour aller payer 2 ¢ le litre moins cher dans une autre province, ou au États-Unis.

    — Donc, il y a une pression sur les prix qui est très forte.

    — Bien oui. Alors les gens parlent avec leurs pieds. Ils vont se déplacer.

    Gérald Fillion — Dans le débat sur le salaire minimum à 15 $, vous avez dit : « Bien. Êtes-vous prêts, justement, à payer vos cafés plus chers, si vous voulez qu’on monte à 15 $, vous dites, vous seriez d’accord mais il faudrait tout monter. » Mais est-ce que ça voudrait dire que si on montait le salaire minimum assez rapidement au Québec à 15 $, est-ce que vous seriez obligé de fermer des installations.

    Alain Bouchard — Je le sais pas, ça, ça dépend de la réaction des consommateurs et des autres provinces et des États-Unis. Je pense pas que eux augmenteraient immédiatement, ça peut prendre du temps. Sur une période allongée, si d’autres suivaient, adoptaient le même genre de politiques, je pense que ça pourrait être vivable. Le problème, c’est l’inflation que ça crée. Parce que rien ne se perd, rien ne se crée. Il y a quelqu’un qui va payer pour ça. C’est le consommateur, en bout de ligne.

    Alain Bouchard, contre vents et marées

    2016-10-18
    Gérald Fillion, RDI Économie, Radio-Canada

    Alain Bouchard n'a pas la langue dans sa poche. Dans une rare (en fait, une première) entrevue à RDI économie mardi soir, le fondateur de Couche-Tard nous a dit que ce sont les consommateurs qui devraient payer une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure, que les syndicats ont pris trop de place au Québec et qu'il ne serait pas impossible qu'un jour, Couche-Tard achète 7-Eleven!

    Alain Bouchard assume. Il a fondé une entreprise qui est aujourd'hui une multinationale, installée dans plus de 24 pays, avec plus de 100 000 employés et 12 500 commerces. Surtout, en 2017, Couche-Tard sera l'entreprise qui génère le plus de revenus au Canada.

Partenaires :