Salle de presse

CLAUDE BÉLAND SUCCÈDE À YVES MICHAUD

Montréal, le jeudi 18 décembre 2008 — M. Yves Michaud annonce qu’il quitte la présidence du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC). Il sera remplacé à ce poste par M. Claude Béland, membre du conseil d’administration du MÉDAC depuis 2006 et ex-président du Mouvement Desjardins.

M. Yves Michaud a fondé l'Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec (APEIQ) en 1995, devenue le MÉDAC en 2004. Journaliste, il a été rédacteur en chef de trois journaux : Le Clairon, La Patrie et Le Jour. Député à l'Assemblée nationale du Québec (1966-1970), il fut ensuite délégué général du Québec en France (1979-1984) et président de la Société du Palais des congrès de Montréal. Auteur de Paroles d'un homme libre et de Les raisons de la colère, il porte le titre de Commandeur de la Légion d'honneur et celui de Patriote de l'année en 1997.

Son successeur, M. Claude Béland, est actuellement professeur associé à l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal (ESG/UQAM) et professeur-associé à l’Institut de recherche en coopération de l'Université de Sherbrooke. Pionnier du mouvement coopératif au Québec, il fut président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000. Il a occupé de nombreux postes d’administrateur au sein d’entreprises, organisations et associations québécoises. Il est détenteur de prestigieuses distinctions étant Officier de l’Ordre du Québec ainsi que de l’Ordre des francophones d’Amérique.

Burlesque et  supercherie des assemblées d’actionnaires

3 mars 2008
Yves Michaud

Les assemblées d’actionnaires des sociétés cotées en bourse sont d’une insignifiance couronnée et une parodie de démocratie actionnariale qui reste à être inventée. À ce chapitre, celle de la Banque Nationale du Canada, le 29 février 2008, demeurera un chef d’œuvre de bêtise et d’arrogance :

  1. La banque a envoyé à l’égout 575 millions de dollars de l’avoir des actionnaires dans la sulfureuse affaire des papiers commerciaux soi-disant adossés à des actifs;
  2. Un milliard sept cents millions de ces papiers crasseux ont été envoyés dans les limbes de l’avenir en espérant que le temps arrangera les choses;
  3. De 65 $, au début de 2007 l’action de la banque vivote aux alentours de 50 $, ce qui représente une perte de plus de 2 milliards $ qui pourrait s’aggraver compte tenu de la morosité des marchés et de la faiblesse d’une économie continentale à la traîne, secouée par le dynamisme de pays émergents.
  4. Le président et chef de la direction de la banque, génie de la finance, comme de bien entendu, touche un salaire de 3,9 millions $ en 2007, alors que les actionnaires raclent leurs fonds de tiroirs. Il a la bonté de placer en fiducie 2,5 millions de ses avoirs personnels de papiers commerciaux, en attendant des jours meilleurs;
  5. En revanche, une quarantaine de dirigeants et quatre membres du conseil d’administration de la banque se sont remboursés, à même l’argent des actionnaires, de leurs pertes dans les papiers exécrés et exécrables;
  6. Les 20 propositions soumises au vote des actionnaires, à une exception près de mineure importance, sont rejetées dans des proportions variables de 90 à 99%, rappelant les votes des dictatures qui ont empesté le climat politique du 20e siècle;
  7. Un quotidien montréalais dresse dans son édition du 19 mai 2007 la liste des PDG qui méritent le plus leur salaire. Sur un total de 29, celui de la Banque Nationale ( Réal Raymond) arrive au 26e rang, un peu mieux que les avants dernier, Paul Desmarais et André Desmarasis, co-chefs (sic) de la direction de la corpoçration Power.

Et, à part ça ? Tout va très bien, madame la marquise !

Plus de 500 actionnaires assistent à l’assemblée. Outre les auteurs des propositions, personne n’intervient pour prendre la parole. Silence glacial ! Mutisme complet ! Pas tout à fait. Des banquettes de première ligne, un actionnaire se dirige vers le micro et félicite la direction pour son admirable gestion. On croit rêver ! Les applaudissements fusent et incitent le président et le chef de la direction à « ne pas tirer sur la banque », c’est-à-dire les importuns que nous sommes qui ont la témérité de mettre en doute l’exemplaire sagesse et l’insurpassable compétence des administrateurs de la banque…

Y en marre de ces assemblées loufoques, orchestrées comme du papier musique et des lois partiales comme celle des banques et des sociétés par actions pour contrer les initiatives d’actionnaires qui souhaitent plus de correspondance entre la rémunération et la qualité de gestion des dirigeants. À titre d’exemple, en vertu de quel droit divin ou régalien des dirigeants d’une banque ou d’une société cotée en bourse ont-ils le privilège abusif de solliciter à même l’argent des actionnaires des mandats les habilitant à voter en leur nom ? Et cela, sans aucune contrepartie financière pour les actionnaires qui soumettent des propositions ?

Y en marre de ces bulletins de vote truqués, des élections fantoches des conseils d’administration et de l’indépendance fictive de ses membres, des rémunérations outrageantes des dirigeants, des actionnaires qui se font entuber* par des lois dictées par les lobbies** bancaires. À preuve : la loi « sur » les banques, fixe pour un actionnaire ou un groupe d’actionnaires, à cinq pour cent des actions votantes, le droit de proposer des candidatures au conseil d’administration. Cela s’apparente clairement à un abus de droit et à un verrouillage de toute tentative de démocratisation du gouvernement d’entreprise. Cette disposition légale perpétue le système des « copains d’abord » et la cooptation de personnes d’une seule et même engeance au sein des conseils de nos entreprises. Cette sorte de consanguinité financière, comme dans l'état de nature, bloque l'apport de sang neuf et empêche la régénération d'une race vieillie et braquée sur ses privilèges de caste.

Bref, le Robin des banques en à ras le-bol de faire le mariole dans des assemblées d’actionnaires « paquetées ». N’aurais-je donc tant vécu ces quinze dernières années pour apporter un peu plus de décence et d’imputabilité des dirigeants d’entreprises et en arriver in fine à des plates comédies comme la dernière assemblée de la Banque Nationale ? Et dire que c’est ma banque !

*Mystifier, duper, escroquer. (Le Grand Robert)

**Groupe de personnes exerçant une pression sur les pouvoirs publics en vue d’obtenir des intérêts particuliers.

VICTOIRE POUR LES ACTIONNAIRES QUÉBÉCOIS DE NORTEL :
RECOURS COLLECTIF AUTORISÉ À DES FINS DE RÈGLEMENT

 
Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires ( MÉDAC, anciennement l’APEIQ) est heureux d’informer ses membres que le recours collectif entrepris contre Nortel a été autorisé par la Cour supérieure en vue de l’approbation d’un règlement.
 
En effet, une entente de principe est intervenue entre Nortel et le MÉDAC quant au règlement éventuel de ce recours collectif.  Dans ce contexte, le 27 juin 2006, la Cour supérieure du Québec rendait certaines ordonnances préliminaires notamment afin d’autoriser l’exercice du recours collectif à des fins de règlement uniquement et d’approuver les premiers avis aux membres.
 
Le recours du MÉDAC vise toutes les personnes qui ont acheté des actions ordinaires de Nortel ou des options d’achat d’action ordinaire de Nortel ou les personnes qui ont vendu des options de vente d’actions ordinaires de Nortel au cours de la période allant du 24 octobre 2000 au 15 février 2001.
 
Le règlement global de tous les recours collectifs canadiens et américains prévoit des indemnités d’approximativement 900 millions $ (Cdn) et l’émission de 628 667 750 actions de Nortel.   

Pour informations supplémentaires : 
 
www.recourscollectif.info 
www.nortelsecuritieslitigation.com 
 
Veuillez noter qu’un autre recours collectif entrepris contre Nortel a également fait l’objet d’une entente de principe.  Vous pourrez obtenir plus d’informations sur ce règlement éventuel en consultant le site web www.nortelsecuritieslitigation.com.
 
Renseignements : Nortel Securities Litigation

                                Numéro sans frais: 1 866 881-7495   

 

Histoire du MÉDAC

Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (le MÉDAC, anciennement l’APÉIQ) a été fondé le 7 décembre 1995 par Yves Michaud dans le souci d’offrir aux petits actionnaires tout à la fois une possibilité de se faire entendre et un espace d’échange, d’information et de défense de leur cause. Le MÉDAC apparut à un moment où le monde de la finance était marqué par de frénétiques et insatiables appétits. Des dérives boursières ont durement affecté des milliers de petits actionnaires qui sont restés impuissants et isolés. Dans ce contexte, le MÉDAC a vite assumé une fonction d’alerte, de prévention et d’information en direction de ses membres et plus largement encore du grand public aussi désorienté qu’indigné par la cascade de scandales qui ont éclaté.

Dix ans après sa création, l’APÉIQ cède le pas au MÉDAC

Réunis en assemblée annuelle et extraordinaire le 29 mai 2005, les membres de l’Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec APÉIQ ont unanimement applaudi sa nouvelle raison sociale qui devient le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires MÉDAC. Ainsi, dix ans après sa fondation, l’organisme sans but lucratif, assume pleinement le rôle d’éclaireur qu’il a joué auprès de l’ensemble des épargnants et des investisseurs. Plus qu’un changement de dénomination, cette initiative marque un tournant dans l’action du mouvement qui, tout en accentuant sa vigilance sur le front de l’activité des entreprises québécoises et canadiennes cotées en bourse, déploiera des outils d’information et de formation destinés aux actionnaires. De l’initiation à l’activité boursière, jusqu’à la préparation de propositions d’actionnaires, le MÉDAC veillera à ce que la « démocratie actionnariale » s’applique dans toutes les entreprises dont l’essor s’appuie sur les économies du grand public.

Acte fondateur de la démocratie actionnariale

Le droit de promouvoir des propositions aux assemblées d’actionnaires et de les faire inscrire dans les avis de convocation a été reconnu par la décision du 9 janvier 1997 de la Juge Pierrette Rayle (Yves Michaud c. Banque Nationale du Canada). La décision de la Cour Supérieure confirmée par la suite par la Cour d’appel a eu un impact primordial pour les actionnaires. Qualifiée d’« acte fondateur de la démocratie actionnariale », cette décision permet au petit actionnaire de participer réellement aux assemblées d’actionnaires.

Mission

  • Faire valoir auprès des gouvernements le point de vue des membres sur le fonctionnement des marchés financiers;
  • Promouvoir une meilleure représentation des actionnaires aux conseils d’administration des entreprises;
  • Favoriser une plus grande transparence dans la gestion des sociétés par actions;
  • Constituer un espace de débats, d’échanges;
  • Assurer la formation des membres.

Les combats du MÉDAC

  • Interdire tous travaux autres que la vérification aux cabinets de vérificateurs;
  • Établir une rotation obligatoire des vérificateurs après 5 ans;
  • Abolir les options d’achats pour les hauts dirigeants et les remplacer par des actions en guise de prime au rendement;
  • Interdire aux hauts dirigeants la vente de plus de la moitié des actions ou options qu’ils détiennent aussi longtemps qu’ils sont à l’emploi de l’entreprise;
  • Enregistrer comme charge les options d’achats octroyées;
  • Mettre fin aux rémunérations indécentes des dirigeants en établissant des normes raisonnables de primes au rendement;
  • Obliger le comité des ressources humaines de présenter avant le vote des actionnaires les paramètres de la politique de rémunération des hauts dirigeants;
  • Réclamer par voie de justice ou prélèvement sur la retraite de toute forme d’enrichissement sans cause, de délit d’initié, de fraude ou autre manœuvre dolosive;
  • Préavis public de 10 jours ouvrables à être donné par les hauts dirigeants (initiés) quant à leur intention de vendre ou acheter des actions de leur société;
  • Signatures par le président-directeur général et le responsable des finances certifiant la véracité, la transparence et l’intégrité des états financiers;
  • Abolition des droits de vote multiples;
  • Fixer la retraite des hauts dirigeants à 70 % de la moyenne du salaire des 5 dernières années sur la base de 2 % par année de service.

Une contribution exceptionnelle

M. Jacques Parizeau a été conseiller spécial du MÉDAC à partir d’août 2011.

M. Parizeau avait d’ailleurs été l’invité du MÉDAC en 2008, dans une conférence portant sur l’achat de la bourse de Montréal par Bay Street, réflexion qu’il a complétée, pour le compte du MÉDAC, dans un mémoire présenté en personne à l’Autorité des marchés financiers (AMF) en novembre 2011, tel que rapporté dans les journaux.

M. Parizeau a travaillé directement à plusieurs dossiers au MÉDAC, notamment l’élaboration d’une politique formelle d’acquisition de titres, et a pris publiquement position à la défense de la mission du MÉDAC dans plusieurs dossiers.

M. Michaud et le MÉDAC regrettent très sincèrement son départ et lui seront à jamais redevables de son exceptionnelle contribution à la défense de nos droits et intérêts. Nous en profitons encore aujourd’hui et pour l’avenir prévisible.

Bigger than Enron

Documentaire diffusé en 2002 à l’émission Frontline du réseau PBS

20 juin 2002

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