Communiqués
S’étonner de Couche-Tard

Alimentation Couche-Tard

Un commentaire étonnant de la direction

Montréal, le 19 juillet 2011 — Au début de l’année, la nouvelle Loi des sociétés par actions entrait en vigueur et reconnaissait le droit aux actionnaires de déposer des propositions pour améliorer la gouvernance des organisations québécoises.

Le 14 juillet dernier, Alimentation Couche-Tard émettait sa circulaire de la direction en vue de la prochaine assemblée annuelle. Le MÉDAC y a déposé cinq propositions présentées à l’Annexe C de cette circulaire pour lesquelles nous demandons votre appui. Celles-ci sont les suivantes :

Propositions

Justification

Ratio d’équité
Rapport entre la rémunération du président et la rémunération moyenne des employés

 

Plus ce ratio est grand, plus il est permis de penser que la confiance entre la direction et ses employés est fragile. Un ratio de 30 nous paraît raisonnable. L’an dernier, la rémunération du PDG a bondi de 24 % et a atteint 3,3 millions $ alors que les salaires moyens ont peine à suivre l’inflation.

Masse critique de femmes

Plus un conseil est composé de personnes ayant des talents et des perspectives différentes, plus il est efficace. Présentement, il n’y a qu’une seule femme siégeant au conseil.

Actions à vote multiple

Les actionnaires minoritaires ne doivent pas être de simples figurants et doivent influencer les destinées de l’entreprise. Cette proposition vise à vous donner davantage de pouvoirs.

Informations additionnelles
sur les entreprises comparables

Les entreprises ont tendance à choisir un groupe de comparaison où la rémunération est souvent supérieure à celle de leurs propres dirigeants, nourrissant ainsi une augmentation constante des rémunérations. Besoin d’en savoir plus sur ces comparables pour mieux juger de leur pertinence.

Vote consultatif
sur la rémunération des hauts dirigeants

Les actionnaires ont le droit d’exprimer leur opinion sur l’importance de la rémunération des hauts dirigeants.

À l’égard du vote consultatif, la lettre circulaire comporte un jugement étonnant de la direction :

« Ce comité (ressources humaines et régie d’entreprise)… est mieux placé afin de juger d’une rémunération adéquate que les actionnaires qui peuvent avoir des objectifs différents. »

Si tel était le cas, il serait fondamental que l’entreprise connaisse les préoccupations de ses investisseurs…

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Source : 514-286-1155

 
L’action

Premier bilan du vote consultatif sur la rémunération des hauts dirigeants

Les actionnaires passent à l’action…

Montréal, le 7 juillet 2011 — Au cours de l’année 2010, le MÉDAC a déposé des propositions d’actionnaires afin que les compagnies reconnaissent à leurs actionnaires le droit d’exprimer leur voix en regard de la rémunération des hauts dirigeants.

Après avoir analysé les rapports de résultats de votes des compagnies ayant déjà tenu un tel vote (37 compagnies), Louise Champoux-Paillé, administratrice du MÉDAC, fait les constats suivants :

– les administrateurs de 7 compagnies sur 37 (19 %) ont exprimé leur désaccord avec la politique de rémunération avec un taux de plus de 10 %;

– les administrateurs de 10 autres compagnies (10/37 ou 27 %) ont voté « contre » dans une fourchette de 6 à 10 %; si l’on compare ces deux résultats combinés au pourcentage d’actionnaires qui appuient favorablement des propositions d’actionnaires (30 %), de tels résultats sont encourageants;

– les administrateurs siégeant au comité de rémunération de telles compagnies ont généralement reçu un pourcentage plus élevé d’abstentions que la moyenne des administrateurs de ces dernières.

Ces résultats témoignent bien de ce que ce nouveau moyen de participation actionnariale est utilisé par les actionnaires souhaitant exprimer leur désaccord. Ce taux de vote « contre » soulève la question des moyens que ces entreprises utiliseront pour mieux saisir les préoccupations de leurs actionnaires : échanges avec des groupes de défense des droits des actionnaires, forums d’échanges électroniques avec les actionnaires, sondages, etc.

Concluons en mentionnant que deux des propositions ayant obtenu le plus d’appuis lors des dernières assemblées annuelles portent sur la rémunération :

– utilisation de plus d’un instrument de mesure pour évaluer la performance des administrateurs : 27,69 % à la Banque Laurentienne;

– relation étroite entre la rémunération des hauts dirigeants et la performance des organisations : 35,89 % à la Banque Scotia.

Après une année d’existence, ce processus de consultation des actionnaires s’avère un outil intéressant pour promouvoir une rémunération alignée sur les soucis des actionnaires en matière de rémunération.

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Source : 514-286-1155

Document de l’étude au format *.pdf ›››

 
Un travail de fond

Les propositions d’actionnaires du MÉDAC

Plus transformatrices qu’on ne le croit

Montréal, le 6 juin 2011 — Avec l’assemblée annuelle de Bombardier, le MÉDAC complète sa quinzième année de dépôt de propositions d’actionnaires. Au cours de cette période, plus d’une soixantaine de propositions auront été déposées auprès d’une dizaine de grandes institutions québécoises et canadiennes qui ont conduit à de meilleures pratiques en matière de gouvernance.

Cette année, cinq propositions ont été mises de l’avant :

  1. L’atteinte d’une masse critique de compétences féminines au sein des conseils sur une période de dix ans;
  2. La fixation d’un ratio d’équité jugé éthiquement acceptable par l’entreprise;
  3. L’abolition de la présence dans les paradis fiscaux;
  4. La divulgation d’informations additionnelles sur les entreprises choisies par l’entreprise pour comparer la compétitivité de sa politique de rémunération pour les hauts dirigeants;
  5. Un meilleur encadrement pour les actions à vote multiple.

Six réalisations sont reliées aux actions du MÉDAC au cours de la dernière année :

  1. Une présence accrue des femmes au sein des conseils d’administration des banques. Cinq (5) des huit nouveaux administrateurs élus, plus de 50 %, sont des femmes : Banque de Montréal (2), Banque Toronto-Dominion (1), Banque CIBC (1), et Banque Nationale (1);
  2. L’adoption du vote consultatif chez Bombardier inc. ainsi que chez Industrielle-Alliance;
  3. La séparation des mandats de consultation en rémunération pour la haute direction et en évaluation de régime de retraite, assurant l’indépendance requise pour conseiller le comité de rémunération dans l’établissement de ses politiques : cette décision a été prise chez Bombardier inc. et la Banque Scotia;
  4. Des informations additionnelles sur les entreprises servant d’outils de comparaison dans le cadre de la fixation de la politique de rémunération chez Manuvie et la Banque Toronto-Dominion;
  5. La participation à un comité sénatorial sur la nécessité d’une participation accrue des femmes au sein des conseils d’administration des entreprises canadiennes;
  6. Une sensibilisation accrue de la population et du comité des finances de la Chambre des communes aux inégalités produites par la présence des banques canadiennes dans les paradis fiscaux.

La défense des intérêts des petits actionnaires est un travail de fond qui requiert, comme le mentionne Louise Champoux-Paillé, administratrice et responsable du dossier, un dialogue soutenu avec les entreprises et une mobilisation forte de tous les actionnaires.

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Source : 514-286-1155

 
Dominique Lemoine témoigne

La formation Passeport MÉDAC et les jeunes épargnants

Un passeport pour l’autonomie en placement financier

Par Dominique Lemoine1

Mardi soir, 1er décembre 2009 et premier froid intense de l’hiver, je suis assis dans une salle de classe de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM pour une formation en finance offerte aux investisseurs novices par le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC). Les dix-neuf autres inscrits arrivent l’un après l’autre, ils sont à peu près tous âgés de quarante ans ou plus, sauf un. Nous sommes donc deux sur vingt à avoir moins de 35 ans.

Parmi les plus âgés, un homme d’une soixantaine d’années a parcouru une centaine de kilomètres pour venir au cours et refera le chemin inverse au retour. La formation est divisée en quatre séances de trois heures et l’une d’elle aura lieu pendant une bonne tempête. Pourquoi y a-t-il si peu de jeunes, alors que des plus vieux se donnent tant de mal pour assister à ce cours?

Une hypothèse sensée avancée par le responsable du cours et conseiller en formation au MÉDAC, Normand Caron, est qu’évidemment les jeunes ont moins d’épargne à investir. Une autre est que les Houdini de la finance Vincent Lacroix et Earl Jones semblent avoir surtout cherché à profiter du manque de connaissance en placement de gens plus âgés qui voulaient faire fructifier leurs épargnes de toute une vie. Enfin, on peut souligner le cynisme de certains jeunes par rapport aux marchés financiers et la méfiance qu’ils leur inspirent.

Est-ce que ça signifie que cette formation ne serait pas pertinente pour les plus jeunes? Absolument pas selon Martin, 31 ans et seule autre personne de moins de 35 ans à suivre cette formation en même temps que moi. Même qu’il dit regretter de ne pas l’avoir suivi alors qu’il avait mon âge, 27 ans. Profitant d’un emploi bien rémunéré et stable, Martin avait décidé il y a quelques années de placer ses économies pour sa retraite. À la suggestion de son conseiller financier, les montants investis ont toutefois échoués dans des fonds communs gérés par Capital Teraxis (vendu à Norbourg) et Triglobal (société bloquée par l’AMF). Chanceux dans sa malchance, Martin n’a rien perdu dans ces aventures, mais inquiet de devenir un jour vraiment victime de fraude, il a décidé de se retirer des fonds communs de placement et de prendre ses placements en main.

Pour y parvenir cependant, il avait besoin d’entendre quelqu’un de neutre lui expliquer comment les choses se passent réellement dans le monde du placement, comment interpréter l’information financière et comment répartir son avoir entre les actions et les obligations. À son avis, le personnel des institutions financières est en conflit d’intérêt. Leurs objectifs de vente et de revenus par commission ne sont pas toujours compatibles avec les besoins des épargnants qui font appel à eux. « Ils sont là pour nous vendre ce qu’ils ont, pas nécessairement pour nous vendre ce dont nous avons besoin. Le MÉDAC lui peut nous donner l’heure juste sur le monde financier et je ne peux que recommander sa formation », dit-il.

La formation vise entre autres à palier les défaillances des citoyens en matière de connaissances financières de base, à favoriser leur autonomie en matière de décisions financières, ainsi qu’à les aider dans l’évaluation des différents types de placement. Des objectifs qui permettent selon Martin d’acquérir l’assurance nécessaire pour gérer ses propres placements ou pour pouvoir évaluer et critiquer les suggestions de son conseiller financier peu importe ce que nous faisons dans la vie, que ce soit artiste, infirmière ou banquier. Selon lui, « il faut que les gens apprennent à gérer leur argent et que ça se fasse au plus jeune âge possible » pour éviter les mauvaises surprises.

Même les gens qui ne pensent pas encore à leur retraite ou qui sont cyniques par rapport aux marchés financiers auraient avantage à suivre la formation. « Moins nous avons d’intérêt dans quelque chose d’important, plus on devrait prendre un cours », souligne Martin. Il considère que le placement est quelque chose d’important puisque les conditions de vie à la retraite en dépendent beaucoup. De plus, 83 % des anciens participants ayant répondu au Sondage de satisfaction à l’égard de la formation Passeport MÉDAC 2009 effectué par Léger Marketing ont affirmé que leur perception des marchés financiers s’était améliorée après avoir suivi la formation.

La formation Passeport MÉDAC peut ainsi devenir un outil très utile pour les gens de tous âges et de toutes professions qui aspirent à mieux comprendre et maîtriser le monde de la finance et du placement pour ne plus en avoir peur. Mais aussi et surtout pour ceux qui veulent mieux comprendre les différentes possibilités de placements, que ce soit pour devenir plus critiques envers les propositions de leur conseiller financier ou pour prendre eux-mêmes les rênes de leurs décisions d’investisseurs.

[1] Dominique Lemoine détient une maîtrise en communication publique de l’Université Laval. Il est journaliste indépendant et a été jusqu’à tout récemment journaliste pour le courrier de Saint-Hyacinthe. Il couvre entre autres les domaines de l’agroalimentaire, des finances et de l’économie. Il avait a été auparavant journaliste indépendant pour Les Affaires, marketing au quotidien et pour le Nouvelliste à Trois-Rivières. L’auteur a été invité à suivre le programme de formation Passeport MÉDAC aux frais du MÉDAC.

 
Les fonds
 
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